Le plan de François Rebsamen (fév. 2015)

Le ministre du Travail François Rebsamen a annoncé, en février 2015, 20 mesures pour lutter contre le chômage de longue durée.

Accompagnement intensif et formation

Le premier volet du plan doit aider les chômeurs à "retrouver le chemin de l'emploi". François Rebsamen a déclaré que Pôle emploi doublerait le nombre de places en accompagnement intensif, pour que 460 000 demandeurs d'emploi en bénéficient.

Le ministre a aussi annoncé que dès mars, tous les chômeurs avec un projet de formation éligible au compte personnel de formation (CPF) auront droit à une "formation qualifiante gratuite.
Ce dispositif a remplacé le DIF (droit individuel à la formation) début janvier 2015. Les demandeurs d'emploi ayant accumulé des heures de DIF pourront les utiliser dans ce cadre pour suivre une formation.
Des incertitudes demeuraient pour les demandeurs d'emploi n'ayant pas d'heures.
Le ministre a levé le voile sur ce point. Il a précisé que le CPF sera abondé de 100 heures par le Fonds paritaire de Sécurisation des Parcours professionnels (FPSPP) qui disposera à cet effet d'une enveloppe de 222 millions d'euros en 2015.
Des compléments de financement pourront être mis en place par Pôle emploi et les Régions pour que la formation suivie par le demandeur d'emploi (et éligible au CPF) puisse être intégralement prise en charge. 

Deux nouveaux contrats pros basés sur le principe de l'alternance voient aussi le jour. 

  • Un contrat de professionnalisation "nouvelle carrière" s'adresse aux demandeurs d'emploi seniors, de 50 ans et plus, ayant bénéficié "d'une longue expérience professionnelle" et devant adapter leurs compétences. Plus court que le contrat de professionnalisation actuel, il verra alterner au moins 150 heures de formation avec des mises en pratique professionnelle "sur le poste". Il devrait permettre au demandeur d'emploi d'obtenir une qualification professionnelle ou d'accéder à des certifications partielles. Avec quelle rémunération? Et dans quel cadre? Le dossier de presse du ministère laisse entendre que ce serait le même cadre législatif que le contrat de professionnalisation actuel dit "de droit commun. Il devrait être mis en place dès le 1er semestre 2015.
  • Un contrat de professionnalisation "nouvelle chance" devrait être aussi crée, mais aucune date n'est précisée.
    Destiné aux chômeurs très éloignés de l'emploi, il sera plus long que le contrat actuel, soit jusqu'à 24 mois, comme cela existe déjà pour certains publics. Le parcours de formation serait décomposé en deux phases: l'une permettant l'accès au socle de compétences (financement possible avec le CPF) et une phase de formation qualifiante proprement dite. Ces formations alterneraient avec des périodes d'immersion progressive à un ou plusieurs postes. Le ministère précise qu'il pourrait éventuellement être ciblé sur des formations menant à des métiers en tension et qu'il nécessite une évolution législative (extension de la dérogation de durée et la nature des actions de formation).

Logement, santé, garde d'enfant...

Sont aussi prévues des pistes sur l'accompagnement "global" des chômeurs, destinées à combattre les "freins périphériques à l'emploi": problèmes de logement, de santé, etc. Pôle emploi avait déjà annoncé qu'il travaillait sur la question grâce à des partenariats avec les conseils généraux.
François Rebsamen a cette fois évoqué un "dispositif de garantie de loyer" et un "bilan de santé du demandeur d'emploi". 

Dans la même veine, François Rebsamen a promis le déploiement d'un "dispositif de réservation de places en crèche d'entreprise pour les demandeurs d'emploi parents isolés". Pôle emploi a expérimenté depuis mars 2014 un partenariat avec les crèches People & baby pour proposer une solution de garde aux parents lors d'entretiens d'embauche ou de formation.

Rassurer les employeurs

Le troisième axe des annonces consiste à rassurer les entreprises qui embauchent des chômeurs de longue durée. C'est le cas de la mise en situation professionnelle. La mesure n'est pas une surprise, car elle est déjà prévue par la loi depuis mars 2014, mais elle sera mise en place "dès le début 2015". "C'est la possibilité pour les chômeurs de longue durée de faire un séjour d'un ou deux mois dans une entreprise prête à les embaucher, quand ils sortent d'un contrat d'insertion ou d'un parcours d'accompagnement renforcé chez Pôle emploi", explique François Soulage, président du collectif Alerte, qui a été mis à contribution pour formuler des propositions, dont celle-ci. En cas d'échec, le chômeur revient au statut qu'il avait quitté. D'après le ministre, des grandes entreprises - GDF Suez, RATP... - se sont déjà engagées à en organiser 5000. 

Dans la lignée, François Rebsamen a aussi annoncé une prestation de "suivi dans l'emploi", un accompagnement de six mois des demandeurs d'emploi recrutés. "Cela revient à dire à l'entreprise 'vous allez embaucher quelqu'un qui a peut-être encore des problèmes de logement, de santé, d'addiction, etc., mais vous n'avez pas à vous en préoccuper', puisqu'il continuera à être suivi par un acteur de l'insertion, détaille François Soulage. C'est à nos yeux la mesure la plus innovante." La médiation prendra la forme de rendez-vous réguliers ou à la demande. 

Plus de 2,2 millions de chômeurs pointent à Pôle emploi depuis au moins un an, soit 43% de l'ensemble des inscrits, si l'on compte ceux qui exercent une petite activité. 705 000 demandeurs d'emploi restent bloqués sur les listes de l'opérateur depuis plus de trois ans, un chiffre en hausse de 19,1% sur un an. 

 

Détail des 20 mesures sur : http://travail-emploi.gouv.fr/espaces,770/emploi,1936/nouvelles-solutions-face-au,2527/sommaire-de-la-rubrique,18435.html

 

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