La France ne tire pas suffisamment profit des seniors

Selon une étude PwC, les pays de l’OCDE pourraient gagner chacun plusieurs milliards de dollars supplémentaires s’ils exploitaient pleinement le potentiel économique de leurs travailleurs seniors.

Selon la dernière étude « PwC Golden Age Index : how well are OECD economies adapting to an older workforce ? »,
qui compare l’emploi des travailleurs de plus de 55 ans dans 34 pays de l’OCDE, la France se classe... 24ème sur 34  !

En tête, l’Islande, devant la Nouvelle-Zélande, la Suède, Israël et la Norvège. Globalement, les Etats membres de la zone euro apparaissent comme les cancres de service sur le sujet de l’intérêt professionnel porté aux seniors puisque seuls trois pays – l’Estonie, la Finlande et l’Allemagne – présentent des indices supérieurs à la moyenne.

En ce qui concerne la France, dont le classement stagne depuis 2003, la cabinet d’audit et de conseil évalue que si le taux d’emploi de ses seniors égalait celui de la Suède, un modèle en la matière, son PIB – évalué par le FMI en avril à 2.181 milliards d’euros – augmenterait d’environ 200 milliards d’euros. Dit autrement si l’Hexagone se résolvait à adopter des mesures en faveur du travail des seniors, le PIB de la France pourrait croître d’environ 10%. Petit bémol toutefois, ces gains sont à envisager sur le long terme  : la Suède a enclenché une politique favorable aux travailleurs seniors dès le début des années 1990, ne récoltant les fruits que deux décennies plus tard. « Etant donné le vieillissement de la population dans les pays développés, ces derniers doivent capitaliser sur leurs travailleurs seniors pour renforcer leur croissance, mais aussi afin de contribuer au financement des retraites et des frais de santé », relève par ailleurs Olivier Salesse, directeur stratégie chez PwC.

Pour encourager l’emploi des seniors, PwC suggère notamment aux gouvernements de réformer en profondeur le systèmes de retraite pour repousser l’âge des départs, de créer de réelles incitations financières pour motiver ces collaborateurs à rester sur le marché, enfin et surtout de mettre en place des programmes de formation pour améliorer l’employabilité des seniors. En France, les plus de 50 ans sont effectivement les oubliés des programmes de formation, des stratégies de mobilités internes et des promotions, essentiellement dans les grandes entreprises, car peu à peu les PME s’ouvrent au recrutement de profils seniors, capables de leur procurer une expertise précieuse.

D’après le cabinet d’audit et de conseil, des mesures telles que des exonérations fiscales pour les entreprises employant des travailleurs seniors et des lois luttant contre la discrimination par l’âge, pourraient constituer autant de pistes d’aplatissement des discriminations envers les seniors qui constituent autant que les autres générations, une source d’innovation. Selon les jeunes eux-mêmes, interrogés par Opinion Way pour la CGPME, la présence de salariés plus âgés est appréciée et vue comme un atout central pour les entreprises, preuve que ce sont bien les directions générales qu’il faut évangéliser...


Marie-Sophie Ramspacher | Le 09/07/2015 à 06:00

 

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